Panique Celtique

Gros stress du jour: l'arrivée de 3 irréductibles Gaulois à Gainesville.

Manque de bol pour moi, c'est John, le chef-proprio de Michel, qui les a deposés. Et comme si cela ne suffisait pas, il a eu la bonne idée de passer la nuit à la maison.
Et même si je peux comprendre que repartir pour 4h30 de route en plein milieu de la nuit.après avoir conduit 16h pour rentrer de New-York, n'est pas forcément évident; je ne suis pas pour autant ravie d'avoir passé 7h dans un placard à balais pour ça.... Bon, d'accord, il n'y avait pas vraiment de balais dans ce placard, mais mes vêtements et une moquette moelleuse... Mais il n'empèche que passer une soirée et une matiné entière à se cacher, même avec un bon bouquin, c'est looooooong!


Au final, grâce à Alexandre, François et Yvonnic, nos 3 Bretons, la maison est maintenant toujours bien remplie... d'une bonne odeur de crèpes. :)

Les Yeux Jaunes Des Crocodiles

Gainesville, grosse bourgade de 110 000 habitants, est, après réflexion, plutôt mignonne par rapport à ses congénères Nord Américaines. Je veux dire par là, qu'il existe dans cette ville des petits coins de verdure, des bars (presque pas vides en journée), une architecture coloniale d'influence anglaise en briques rouges...

 ... et pas le moindre building!

Mais Gainesville est avant tout une ville universitaire construite autour de l'UF (University of Florida) et ses fameux Gators qui suent sang et eau afin de défendre leurs titres et ne pas décevoir les nombreux supporters. Avec autant d'étudiants que d'habitants et surtout pas d'équipe municipale, on comprend pourquoi la ville entière bat au rythme du campus.
 La bibliothèque principale (ci-dessous) où Ariane et Michel sont censés aller bosser tout les jours: 50min de trajet, autant rester à la maison!
Les fraternités sont juste en face du campus et toujours dans le même style que le reste de la ville.

Le Ben Hill Griffin Stadium, le plus grand stade des Gators (uniquement pour le foot américain): 90 000 places, il parait que c'est beaucoup...


" So give a cheer for the Orange and Blue
Waving forever
Forever pride of the old Florida
May she droop never... "

Mutation: Test 2

Dans la famille "je-suis-un-larbin-dont-on-se-débarrasse-après-usage", je demande encore le stagiaire.

Après moult changements d'avis et sans concertation avec les 2 principaux intéressés (Ariane et Michel), John-le-boss a enfin décidé de les envoyer à Gainesville. La raison principale de cette soudaine décision est l'arrivée d'une dizaine de nouveaux stagiaires (français en grande majorité), du coup, si les anciens qui ne servent plus à rien pouvaient débarrasser un peu le plancher, ça serait pratique.

Nous voilà donc tous les 3 dans la grande maison de Gainesville (voir page Floride), pour tout le mois de Juin (si M. Leboss n'a pas un besoin urgent de jardinier ou peintre en bâtiment à Labelle entre temps).

Mais, ne soyons pas trop mauvaise langue, car c'est plutôt sympa d'être ici. En effet, la maison est plus spacieuse, dans une ville de taille supportable (il y a au moins 10 lignes de bus!) et sans trace de consanguins dans les proches environs. Mais surtout, il y a maintenant 4h30 d'autoroute entre John-le-boss et nous! Et comme Michel et Ariane travailleront à la maison, je ne passerai plus une seule minute toute seule.

Au final, cette mutation est plutôt une promotion "tout bénef" pour moi!

Houston, On A Un Problème !

Mesdames et Messieurs, le commandant et son équipage vous souhaite la bienvenue à bord de la navette Endeavour en direction du Kennedy space Center. Veuillez attacher vos ceintures et rester assis pendant toute la durée du vol.

5... 4... 3... 2... 1... lift off!

180 miles et un contrôle de police plus tard, nous voici au fief de la NASA.

Pour la petite histoire, j'ai eu droit aux gyrophares et à la voiture du shérif qui coupe le terre-plein de l'autoroute pour m'arrêter. Heureusement que je suis une gentille petite française qui ne sait pas lire les limitations de vitesse, merci monsieur l'agent! :)

Dés l'entrée du parc, les décors et la musique nous mettent déjà dans l'ambiance et aident à oublier le cratère de météorite que va laisser la visite sur notre compte en banque.

Notre petit groupe (dans l'ordre de la photo: Ariane, Piere-Yves, Moi, Charlotte et Michel) commence la visite par un tour de l'immense domaine situé juste au Nord de Cap Canaveral, dans un parc national (plein de crocrodiles) bordé par l'Océan Atlantique; ce qui limite les risques lors des décollages, puisqu'ils se font toujours vers l'Est.

Nous suivons tout d'abord le parcours d'une fusée dans le Launch Complex 39 (LC-39) de sa construction au lancement

Le Vehicle Assembly Building est, comme son nom l'indique, le lieu de construction des véhicules. C'est le 4ème plus gros bâtiment du monde en terme de volume.
Il a 2 portes géantes à l'arrière pour faire sortir les fusées...


... mais aussi une petite porte spéciale ailerons-arrières-de-navettes, pour les accueillir à leur retour sur Terre (voir photo ci-dessous, qui bien entendu, n'est pas de moi, mais j'ai trouvé ça trop super!)


Une fois assemblées, les fusées et navettes sont transportées jusqu'aux pas de tir par de grosses plateformes à chenilles. Le déplacement périlleux, vue la hauteur des engins, prend environ 8h.

Les sites de lancement ne sont évidement pas accessibles au public, nous avons néanmoins pu les admirer depuis la tour d'observation.
C'est d'ici que partent pratiquement toutes les missions du site. Les autres pas de tir ayant été construits à l'époque où la NASA pensait faire 2 lancements par mois... un peu ambitieux sur ce coup là les Ricains!

Le Launch Pad 39B qui a vu partir par exemple les missions Challenger et le projet Apollo-Soyuz


Et le Launch Pad 39A (Atlantis, Endeavour, Apollo 4.... et tous les prochains lancements de navettes)


La visite se poursuit au centre Apollo/Saturn, où on a pu assister en direct (avec bruitages et vibrations flippantes) au lancement de la mission Apollo VIII depuis la salle de contrôle.

Puis vint le moment le plus émouvant de la journée:
Ma première rencontre avec Saturn V, la fusée légendaire de la mission Apollo 11 qui emmena Neil Armstrong sur la Lune le 16 juillet 1969.

Elle est reconstituée grandeur nature et exposée au dessus de nos têtes, des réacteurs jusqu'au sommet de la capsule.

Haute comme 9 bus empilés pour un diamètre de 10m, mieux vaut qu'elle soit bien attachée!

Une fusée comme celle-ci est composée d'un module de commande (la capsule de l'équipage), d'un module de service (pour la propulsion et le support) et enfin d'un module lunaire (qui permet à l'équipage d'alunir puis de rejoindre facilement le système en orbite).

Sur la photo ci-dessus, qui permet d'observer l'évolution des fusées au cours des missions (elles sont toutes à la même échelle!), on remarque bien, sur les plus grosses, les différentes parties qui les composent. Les 3 zones inférieures servent uniquement de réservoir au carburant qui sera consommé lors du décollage. Ainsi devenues inutiles pour le reste du voyage, elles se séparent de la fusée les unes après les autres et lors du retour sur Terre, il ne reste plus que la capsule de l'équipage.

La capsule de la Mission Gemini 9A

La suite de la visite nous a emmené au centre de développement et de réparation de la station spatiale internationale (ISS). Vous souvenez-vous du jour où j'ai envoyé un message dans l'espace? Il était destiné à un astronaute canadien (ancien étudiant de l'Université de Calgary) qui se trouvait à bord de l'ISS!
Nous avons pu voir les salles de remise en état du matériel. Les navettes font le lien entre le centre sur Terre et la station en orbite qui est toujours en construction!

Mais la partie la plus ludique était la reconstruction de quelques "pièces" de la station. Parmi les plus drôle: la douche


Et la salle de torture! ... heu, les toilettes pardon.


Retour au parc pour voir le reste des expos et attractions.

Visite de l'intérieur de la navette Explorer



Puis du "Rocket Garden"



Rencontre avec un astronaute sous l'œil bienveillant du Président Kennedy


Un petit tour dans le simulateur de lancement d'une fusée, 2 (magnifiques) films en 3D, des expos sur les robots, les missions et un Hall of Fame dédié aux astronautes... Bref, de quoi remplir notre 2ème journée au parc.

Et même si la NASA en fait des tonnes, le parc est avant tout pédagogique et on se laisse prendre au jeu avec plaisir, car après tout, qui n'a jamais rêvé un jour de voir une pierre de Lune?


De pouvoir la toucher du bout des doigts?


Et même de devenir astronaute?


Hey ho, Juliette!! On redescend sur Terre!

Je ne serais peut-être jamais astronaute, mais au moins aux premières loges devant le petit écran pour assister au prochain lancement, le 16 septembre à midi, de la navette Discovery qui ira réapprovisionner la station spatiale internationale.

Et surtout à celui qui fait vraiment rêver: le lancement le 5 aout 2011 de la fusée Atlas V en direction de Jupiter!

Miss Pac-Man

Non, je n'ai pas passé la journée à jouer à Pac-Man sur Google, parce que, oui, j'avais beaucoup mieux à faire le jour du 30ème anniversaire du jeu, comme par exemple packer mes affaires pour notre "mutation" à Gainesville... Pour finalement mieux les dépacker!
Merci Monsieur-John-le-boss-de-Michel de changer d'avis comme de chemise parce que les stagiaires c'est pas important, donc on a le droit de ne pas les payer, de ne pas leur donner de travail intéressant (voire pas de travail du tout), de ne pas les tenir au courant des décisions qui les concernent et de les traiter comme des chiens.

Conclusion de ma journée inutile: bien contente d'avoir remplacé mon stage de fin d'étude par un semestre de cours. Au moins, à l'école, y'a pas de chef!